Inventaire sommaire
des archives départementales antérieures à 1790
par L.M. MERLET, archiviste.
« Le 15e jour de juin 1614, a esté baptizé
Loys, fils de Estienne Bernard et de Margierite, sa femme. Le parrain Loys de
Marescot, fils de Françoys de Marescot [François II,
date de naissance 1558], sieur de
Challé, de la Tandronnière et des Fretons ; la marraine Michelle,
femme de honneste personne Françoys de Bellessort, marchand hostellier.
Signé : Loys de Marescot ; Pitard. »
« Certificat de bans pour Jacques de
Graffard, écuyer, sieur de la Graffardière, fils de César de Graffard, écuier,
sieur de Montaimbœuf et de damoiselle Susanne de Baigneux, et pour damoiselle
Louise, fille de défunt Louis de Marescot, écuyer, sieur des Fretons, et
de damoiselle Catherine Le Bourguignon, le 26 février 1645 . »
« L’an 1653, le mercredy 10 septembre, a esté
baptisé François Alexandre, fils de Regné Filoreau, armurier, et de Philippe
Brossier, et a eu pour parrain messire François de Marescot, chevalier,
seigneur des Fretons, et pour marraine dame Claude Marie de
Courtavel. Signé : Clode Marie de Courtavel ; de Marescot des Fretons
; M Dampierre. »
« Le 28 mars 1677, a esté inhumé dans l’église de ce
lieu le corps de messire Jacques de Marescot, seigneur d’Orton et des Fretons,
âgé de 84 ans ou environ. Signé : F Louveau, prestre. »
« Le 1er avril 1688, j’ai fait la célébration du mariage de messire Louis de Chabot, escuier, sieur des Fretons, homme veuf, et de demoiselle Jacqueline de Marescot, fille de feu messire Jacques de Marescot, seigneur d’Orthon, et de dame Marie de BIENVENU. Signé : Louis de Chabot ; Jacqueline de Marescot ; Charles de Granges ; R Durand ; Roger, curé de Châtillon »
« Le 4e jour de janvier 1699, a été baptisé
Paul, fils de Charles Semy, laboureur et de Jeanne Tarnaut, ses père et mère, et
a eu pour parrain Paul de Marescot, sieur des Fretons, et pour marraine
Anne Marie Bonsergent. Signé : Paul ; Anne Marie Bonsergent, »
Touche finale, ironique : c’est la baronne de Marescot
qui loua pour cinq ans le château de Miromesnil aux parents de Maupassant. Les
Voguë ne devinrent propriétaires de ce château qu’en 1938.
« Mais l’élément le plus décisif, c’est le fameux
contrat de location du château, sur lequel Georges Normandy n’avait pu mettre
la main, qui a été retrouvé par des érudits locaux à Ouville-la-Rivière, dans
l’étude de Me Legras, alors notaire de la baronne de Marescot, propriétaire du
domaine (je n’ai pas la date précise, mais Henri Troyat, dans sa biographie en
1989, parle de découverte récente). Il est stipulé sur ce document (voir cette
biographie) que le château de Miromesnil a été mis en location dès le mois
d’août 1849, « avec les meubles qui le garnissent », et que ces
meubles, mis aux enchères en octobre, ont été rachetés en partie par Gustave de
Maupassant alors qu’il se trouvait déjà dans les lieux. Il est donc
incontestable que le château de Miromesnil était bien la résidence principale
des Maupassant et non un domaine loué pour la circonstance, à l’époque de la
naissance de Guy. » (La
naissance de Maupassant) Aujourd’hui les Marescot sont confinés dans le
Calvados.
Carte de Cassini n° 28, 1754
Minute
d’État-major, 1822-1866
Histoire généalogique et héraldique des pairs de
France
* Sept ans après le sacre de Charles VII du temps de
Guillaume Dufay
« Le demi-fief de Miromesnil relevait d´abord des ducs de Normandie et ensuite des Rois de France. » En septembre 1589, le Marquis de Pons avec de la cavalerie et des hommes de pied, 8 à 9000 hommes, occupa Miromesnil, et, nous dit Floquet, dans son histoire du Parlement, ce fut désastre, brûlerie de maisons, ruynes de fermes, de moulins, abattage de magnifiques avenues qui environnoient le Chasteau et cette dévastation fut achevée par les troupes royales quand Mayenne eut battu en retraite. » Le château fort qui se trouvait alors sur le territoire de Saint-Aubin fut démoli et reconstruit un peu plus loin, sur la paroisse de Tourville. [...] L´emplacement de l´ancien château fort devait être situé dans les parages de la petite chapelle, qui était à cette époque reliée aux ouvrages du château et se trouve encore sur le territoire de Saint-Aubin. Du reste, il est très admissible que ce château fort devait dominer la Vallée de la Scie et non être construit au fond des avenues comme l´est le château actuel. » Hue de Miromesnil fut arrêté sous la Terreur, le 17 avril 1794, mais retourna à Tourville dès la chute de Robespierre, en juillet de la même année. Il mourut en son château de Miromesnil le 6 juillet 1796 et inhumé dans le choeur de l´église de Tourville, bien que ce soit interdit par les nouvelles lois hygiénistes introduites peu avant la Révolution. A la mort de son épouse, née Blanche Bignon, au début du 19e siècle, le domaine devient propriété de M. Louis-César-Auguste Corday d´Orbigny, puis de son fils en 1842, Charles-Frédéric, qui fut maire de Tourville-sur-Arques. En 1848, il cède la demeure à sa fille Marie-Adélaïde-Cyprienne-Héloïse Corday d´Orbigny, qui épouse Alfred-Henri-Michel Gabriel, baron de Marescot. Entre 1865 et 1869, le château est acheté par Jean-Alexandre-Joachim Ozenne, qui meurt en 1876. A la mort de Madame Veuve Ozenne en 1895, Miromesnil est cédé à Monsieur Pierre André Le Breton. Madame Le Breton vend le domaine le 16 septembre 1938 [je vagissais depuis sept mois tandis que le malheureux Prokofiev écrivait la musique d’Alexandre Nevski] à Madame Barbe Mathilde Simone de Mun, épouse de Monsieur Bertrand Pierre Hélie comte de Voguë. Cf. ici, Château de Miromesnil. |
« Puis il fait une carrière assez chaotique dans l’administration militaire et le Génie, grâce à la protection du célèbre Général Marescot [comte d’empire puis marquis et pair France], châtelain de Chalay [Les Fretons furent vendus en 1754. Le fils du général de Marescot fut le dernier des Marescot de Chalay, le frère du général n’eut qu’une fille] près Montoire, et Premier Inspecteur général du Génie. » Cf. ici, Les Mussets, une famillle vendomoise, page 9 et ici aussi. |
Château de Chalay à Saint-Quentin-les-Trôo
Château
de Challay ou Chalay, à Saint-Quentin-lès-Troo (16e siècle ; 2e quart 19e siècle) L’escalier rampe-sur-rampe
principal du château, la chapelle, y compris la pierre tombale du général de
Marescot, le pigeonnier troglodytique, la façade de l’orangerie troglodytique
(cad. 227B 453, 447, 448, 457) : inscription par arrêté du 6 novembre
1991 – Les façades et toitures du château, les façades et toitures des écuries,
le portail dit de Marescot, le parc avec ses terrasses, ses allées plantées, le
potager, les décors intérieurs de la salle à manger, du grand salon, de la
pièce du rez-de-chaussée dans la tourelle ouest (cad. 227B 446, 448, 449, 452 à
460, 548, 549, lieudit Chalay) : inscription par arrêté du 25 juin 2007.
Patrimoine
historique et rural du Vendomois.
A voir :
écurie, chapelle, tombeau, pigeonnier, orangerie, monument sépulcral, escalier,
élévation, portail, parc; terrasse, allée, jardin potager, salon, salle à
manger, décor intérieur.
Château, chapelle, site troglodytique intéressant.
Point de vue exceptionnel, deux tours du XIVe siècle, façade XVIIIe siècle, beau fronton avec horloge du XIXe siècle. Chapelle XIXe siècle renfermant le tombeau du Général de Marescot,
grand officier de l’Empire, premier inspecteur général du Génie, directeur des
fortifications, pair de France. Son tombeau est dans la chapelle funéraire.
Pigeonnier troglodyte.
L’édifice
présente trois grandes périodes de construction. (Ministère de la
culture, .gov.fr) L’ensemble des années 1535-1545 comprend les tours et leurs travées
avec les pilastres superposés caractéristiques de la première
Renaissance ; l’escalier rampe sur rampe. Des années 1750-1770 datent
l’aile du Vieux Chalay, l’aménagement des pièces intérieures et
l’agrandissement de la façade sud. Enfin, le 19e siècle a repris la
façade sud, l’enveloppe du pavillon est, la façade plaquée sur l’aile du Vieux
Chalay, la modification du portail, l’édification de la chapelle, la création
de l’orangerie et l’aménagement du parc. Chalay est conforme à la tradition
locale et au type de manoir dérivant de ceux du roi René. Avec l’introduction
de son pavillon étroit réservé à l’escalier à rampes droites, le château s’est
affirmé comme un exemple novateur dans les années 1530-1540 en matière
d’architecture et dans le domaine de la sculpture, dans cette partie du
Vendômois.